12-10-26
Trajectoire budgétaire 2027-2029 du Gouvernement wallon : un budget à bout de souffle, payé par les travailleurs.

COMMUNIQUE DE PRESSE

Le Gouvernement wallon a présenté ce lundi sa trajectoire budgétaire 2027-2029. Pour la FGTB wallonne, le verdict est clair : c’est un budget poussif, sans ambition et sans vision. La création d’emploi, talon d’Achille de l’économie wallonne, est la grande oubliée. Quant à la facture des économies annoncées, elle est adressée aux travailleuses et travailleurs du public et du non-marchand, aux pensionnés et aux ménages à bas et moyens revenus.

Public et non-marchand : une nouvelle attaque frontale contre le pouvoir d’achat

En continuant à jouer sur l’indexation des budgets destinés au secteur public et au non-marchand en 2027, 2028 et 2029, le Gouvernement wallon s’en prend une nouvelle fois aux travailleuses et travailleurs qui font tourner nos services publics, nos crèches, nos services d’aide, nos institutions de soins. Quand les budgets ne suivent plus l’index, ce sont l’emploi, les conditions de travail et la qualité des services qui trinquent.

Et il ne faut pas oublier que cette mesure s’ajoute à celles déjà décidées, qui continueront à produire leurs effets jusqu’à la fin de la législature :

  • Réforme APE dans les pouvoirs locaux : 62,5 millions d’économies, soit 2.890 ETP (3.685 emplois, dont 2.089 occupés par des femmes) dans les provinces, communes, intercommunales, zones de police et zones de secours.
  • Fin de la majoration de 1 % du Fonds des communes : 251 millions de manque à gagner cumulé sur la législature.
  • Saut d’index du Fonds des provinces : 4,1 millions en moins.
  • Non-remplacement dans la fonction publique wallonne : 1.260 agents en moins d’ici 2029.
  • Forem : 553 collaborateurs en moins d’ici fin 2028, du seul fait de la non-indexation de la dotation de fonctionnement.
  • Réduction de la dotation de fonctionnement de l’AViQ.

 

Vignette automobile : que des perdants parmi les bas et moyens salaires

Le Gouvernement met en avant une baisse de 56,26 à 75 euros de la taxe annuelle de circulation. Mais dans le même temps, il instaure une vignette qui coûtera de 90 à 125 euros par an. Le calcul est vite fait : pour une voiture essence ou diesel de 1.600 cm³, le conducteur paiera 25 euros de plus chaque année. Pour un véhicule plus ancien, souvent celui des ménages les plus modestes, la note grimpe à 50 euros.

Le budget du Gouvernement le dit lui-même : la baisse de la fiscalité automobile coûte 141 millions par an, la vignette en rapporte 342. Ce n’est pas une réforme, c’est une hausse d’impôt. Et ceux qui la paieront sont les travailleurs qui n’ont ni voiture de société, ni les moyens de s’offrir un véhicule électrique.

Droits d’enregistrement : le Gouvernement s’entête

Il est désormais établi que la réforme des droits d’enregistrement n’aide ni les jeunes ni les ménages à bas et moyens revenus à devenir propriétaires. Au contraire, les prix des logements ont explosé. Le Gouvernement se contente pourtant d’« évaluer les abus » et refuse de toucher à une réforme injuste.

Les aînés attaqués de front

Le financement public des maisons de repos et des maisons de repos et de soins sera raboté chaque année pendant trois ans. Même si cette mesure est présentée comme ciblée et temporaire, elle aura forcément des impacts sur la qualité des services offerts aux résidents et accentuera encore la pression sur les conditions de travail.

L’équilibre en 2029 : un dogme qui coûte cher aux Wallons

Le Gouvernement s’accroche à un retour à l’équilibre en 2029, alors que la Commission européenne elle-même reconnaît qu’un objectif trop strict dégrade la situation de la population. Reporter l’équilibre, c’est dégager des marges pour soulager le pouvoir d’achat des Wallonnes et des Wallons plutôt que de les faire payer. Ces moyens financiers auraient permis, par exemple, d’éviter de faire exploser les tarifs des abonnements LETEC.

Job Bonus : un aveu d’impuissance

Le problème de l’économie wallonne, c’est une création d’emploi trop faible. On attendait le Gouvernement sur ce terrain. Résultat : aucune décision, aucune vision, aucune impulsion. À la place, il choisit la facilité : un chèque aux contours flous, de 50 à 500 euros par an, versé seulement à partir de 2028. Il ne compensera pas la perte de pouvoir d’achat causée par les décisions précédentes et ne créera pas un seul emploi en Wallonie. Pendant que le Job Bonus distribue 205 millions, les coupes dans les politiques d’emploi atteindront 368 millions en 2029.

La mobilisation paie

La FGTB wallonne constate avec intérêt que les actions menées ces derniers mois ont porté leurs fruits sur plusieurs points :

  • les allocations familiales sont préservées dans leur grande majorité
  • les aides familiales devraient être soutenues dans leurs frais de déplacement
  • les petites successions seront exonérées mais la réforme continuera à encourager la planification patrimoniale par les familles les plus fortunées.
  • le Gouvernement donne son feu vert à la Boucle du Hainaut, indispensable au développement de l’économie wallonne

« Ce budget ne prépare pas l’avenir, il le rabote. Il demande aux travailleurs de payer et ne leur offre ni emplois durables, ni perspectives. Des pistes sérieuses existent pour ne pas enfoncer la population. Nous continuerons à le démontrer », déclare Jean-François Tamellini, Secrétaire général de la FGTB wallonne.

Image Trajectoire budgétaire 2027-2029 du Gouvernement wallon : un budget à bout de souffle, payé par les travailleurs.