05-06-2026
H&M brade ses travailleuses et travailleurs comme ses invendus

 

H&M brade ses travailleuses et travailleurs comme ses invendus

440 emplois supprimés dans le mépris total des procédures légales

La FGTB wallonne exprime sa solidarité pleine et entière avec les 440 travailleuses et travailleurs du centre de distribution H&M Logistics de Ghlin (Hainaut), victimes d’une décision de fermeture brutale et d’une gestion patronale qui foule aux pieds les règles élémentaires du dialogue social.

Un coup de massue annoncé dans le dos des travailleurs

Le 5 mars dernier, lors d’un conseil d’entreprise extraordinaire, la direction d’H&M Logistics a annoncé sans préavis son intention de fermer définitivement le site de Ghlin à l’automne 2026. En cause : la délocalisation de l’ensemble des activités vers des centres en Espagne et en Italie, où les coûts salariaux sont sensiblement inférieurs. Résultat : 440 emplois, dont 309 ouvriers, condamnés du jour au lendemain.

Les représentants syndicaux sont formels : rien dans la concertation sociale ne laissait présager une telle décision. La direction, pendant qu’elle négociait encore des transferts de quelques postes, préparait en coulisses la liquidation de l’ensemble du site. C’est une trahison caractérisée de la confiance des travailleurs et de leurs représentants.

Un lock-out inacceptable : la direction choisit la force plutôt que le dialogue

Face à la mobilisation légitime du personnel depuis le 25 mai, la direction d’H&M a choisi l’escalade plutôt que la négociation. Huissier, astreinte de 2.500 euros par jour et par personne, dizaines de combis de police pour évacuer le piquet de grève, demande de levée de la protection des délégués syndicaux : H&M a sorti l’artillerie lourde contre ses propres travailleurs.

La FGTB wallonne dénonce avec la plus grande fermeté ce recours à la force contre des femmes et des hommes qui défendent simplement leur emploi et leur dignité. Un lock-out, c’est une violence patronale. Utiliser la police et la justice pour bâillonner la résistance ouvrière, c’est révéler la véritable nature d’une multinationale qui habille ses vitrines de valeurs éthiques tout en piétinant les droits de ses propres salariés.

 

H&M se drape dans la compétitivité pour mieux esquiver ses responsabilités

H&M affiche des milliards de chiffre d’affaires mondial. Le choix de fermer Ghlin n’est pas une nécessité de survie : c’est une optimisation financière réalisée sur le dos de 440 familles wallonnes. L’argument du coût salarial belge est en réalité un choix politique : celui de délocaliser vers des pays où les travailleurs sont moins protégés, plutôt que d’investir dans le maintien d’emplois de qualité en Wallonie.

La FGTB wallonne rappelle que la loi Renault existe précisément pour éviter ce type d’annonce-surprise et garantir une consultation sincère. En simulant un dialogue tout en verrouillant toute alternative, H&M en a trahi l’esprit.

Jean-François Tamellini, Secrétaire général de la FGTB wallonne : « Ce qui se passe à Ghlin est l’illustration parfaite d’un dumping social organisé à l’échelle européenne. H&M choisit délibérément de sacrifier 440 emplois wallons pour aller produire moins cher ailleurs, dans des pays où les travailleurs bénéficient de protections moindres. C’est un modèle que nous refusons. Les pouvoirs publics wallons ont une responsabilité : ils ne peuvent pas rester spectateurs pendant qu’une multinationale milliardaire dévaste un bassin d’emploi entier. Nous attendons des actes, pas des déclarations. »

Aux côtés des travailleurs, jusqu’au bout

La FGTB wallonne se tient résolument aux côtés des travailleuses et travailleurs de Ghlin dans les négociations du plan social et dans toute action qu’ils jugeront nécessaire. Nous exigeons :

  • Le respect intégral de la procédure Renault et des droits syndicaux, y compris la protection des délégués
  • Un plan social digne, à la hauteur des années de travail et d’investissement de ces 440 personnes
  • La responsabilisation des pouvoirs publics wallons pour explorer toute piste de reconversion ou de reprise du site.