25/03/2026
Soutien aux camarades argentins!
✊ Motion de solidarité en soutien aux camarades de la CTA-A Córdoba poursuivis par la justice argentine.
Le 28 août 2025, en réponse à la venue de Javier Milei à Córdoba, deuxième ville d’Argentine, une journée de mobilisation syndicale et sociale d’envergure était organisée pour exprimer l’opposition et la résistance face aux politiques réactionnaires en cours dans ce pays.
A cette occasion, la machine répressive policière et judiciaire a été déployée avec force. Durant cette journée de revendication sociale, des responsables syndicaux, des militantes et militants, des travailleuses et travailleurs ont été arrêtés et transférés en prison. Parmi les personnes arrêtées figuraient Federico Giuliani, Secrétaire général de l’ATE (1) Córdoba et de la CTA-A (2) Córdoba, qui est resté menotté à un lit d’hôpital pendant 24 heures, ainsi que Silvia Alcoba, Secrétaire adjointe de la CTA-A de Córdoba. Federico Giuliani, n’a été libéré qu’après 4 jours suite à une importante mobilisation sociale et syndicale. Depuis, la pression sur le dirigeant syndical et sur les 14 autres personnes malmenées ce jour-là est constante.
Au début du mois de mars 2026, l’affaire prend une nouvelle tournure : Federico Giuliani et plusieurs des personnes arrêtées en août 2025 sont poursuivis en justice. Les personnes poursuivies, ainsi que les organisations syndicales qui les soutiennent, dénoncent non seulement des irrégularités, des contradictions dans les témoignages et des manquements graves dans l’enquête en cours mais surtout une stratégie visant à criminaliser la protestation sociale.
Dans l’Argentine de Milei, cette offensive policière et judiciaire menée à Córdoba ne peut pas être considérée comme un fait isolé. Cette tentative de museler les organisations sociales, syndicales et populaires qui se mobilisent contre l’austérité et la détérioration des conditions de vie est, selon la CTA-A, « une véritable expérience politique et judiciaire : un cas test visant à instaurer les conditions permettant de progresser dans l’application du protocole anti-piquet et de restreindre le droit constitutionnel de protester ».
En effet, cette répression féroce a été rendue possible grâce, notamment, aux nouveaux protocoles anti-mobilisation mis en place par Patricia Bullrich, ministre de la Sécurité du gouvernement Milei. Depuis la mise en place de ce gouvernement, la criminalisation de la contestation sociale et syndicale est devenue la norme : interdiction de couper la voie publique même partiellement, autorisation de déployer différentes forces policières ou armées pour rétablir l’ordre, poursuites pénales contre les organisateurs, constitution d’un fichier central et d’un registre des organisations participant à des évènements de blocages. Les conditions dans lesquelles les forces de l’ordre peuvent intervenir ont en outre été largement assouplies.
La FGTB wallonne est particulièrement interpellée par cette séquence qui, comme en différents endroits dans le monde et singulièrement en Belgique, donne à voir le même phénomène de criminalisation de la contestation sociale et particulièrement des organisations syndicales. Les forces réactionnaires prennent le pouvoir et se renforcent, mettant en place partout où elles le peuvent un arsenal législatif et répressif qui violente la contestation et fragilise nos libertés collectives.
En instrumentalisant la notion de liberté (de travailler, de propriété, de circuler…), ici et ailleurs, la droite néo-réactionnaire déploie les mêmes stratégies entravant nos libertés syndicales et collectives pour imposer des politiques et un modèle de société qui impactent douloureusement les personnes les plus vulnérables et le monde du travail.
Dans ce contexte, international mais également national et régional, qui impose au monde du travail une résistance face à ces forces réactionnaires, la FGTB wallonne affirme sa plus grande solidarité et son soutien aux camarades Federico Giuliani et Silvia Alcoba ainsi qu’à l’ensemble des personnes poursuivies en justice dans cette affaire.
Convaincue de la nécessité de défendre âprement les libertés syndicales et de nous unir dans la défense des droits des travailleuses et des travailleurs à manifester et à contester les politiques mortifères qui détruisent nos protections et libertés collectives, la FGTB wallonne relaiera également l’appel à la solidarité internationale lancé par les organisations syndicales argentines.
(1) ATE : Association des travailleurs de l’Etat.
(2) CTA-A : Centrale des travailleurs d’Argentine-Autonome.
